Branlette

9 décembre 2016 § Poster un commentaire

En 2007 une journaliste d’un magazine féminin français connu me demande de prendre des photos pendant une interview de la célèbre, à l’époque, sexologue islamiste Heba Kotb.
Je lui propose que nous nous rencontrions avant, mais comme elle est avec son compagnon et son enfant elle va aux Pyramides et on se retrouvera au lieu de rendez-vous.

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L’interview commence très bien, Heba Kotb est très souriante, très professionnelle. Elle explique que l’Islam n’est pas incompatible avec la sexualité, d’ailleurs on lui confie des émissions de télévision et elle enseigne à l’Université.
Elle en vient à une explication très fine du verset 223 de la sourate 2, sans bien sûr tomber dans l’exégèse.

L’heure accordée se passe et Heba Kotb nous congédie, des patientes attendent.

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La journaliste, heureuse, me demande comment j’ai trouvé l’interview.
« Etonnante ! » car il n’y avait rien d’autre à dire.
 » Ah oui et pourquoi ? »
« Avoir une sexologue islamiste en Egypte pendant une heure et seulement écouter l’explication du verset de la sourate de la Vache (2:223) et ne pas parler de l’excision, c’est fort ! »
« Alors là, Arnaud !, il faut arrêter avec ces histoires, c’est ridicule ! »
« Sûrement, c’est d’ailleurs pour ça que Madame Moubarak dit que 85% des femmes égyptiennes sont excisées, c’est pour dire du mal de son pays ! »

Là, la journaliste vacille et me demande pourquoi je ne suis pas intervenu. Je n’interviens jamais quand un journaliste fait une interview, il a son plan et je n’ai pas à intervenir, elle n’a pas voulu préparer l’entrevue, c’est qu’elle connait son sujet. Elle retourne voir Heba qui lui dit, « vous avez eu votre temps, maintenant c’est fini ! » Comme elle avait confié que l’après-midi elle donnait un cours à la Faculté de Médecine du Caire, la journaliste décide que nous la rejoindrions.
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Cette journaliste arrive à la Faculté avec son compagnon et son bébé, bon ….
Dans l’amphithéâtre Heba Kotb donne son cours sur la sexualité et parle de la masturbation. Pendant ce temps la journaliste essaie de voir avec l’assistant d’Heba Kotb s’il est possible d’avoir un autre moment avec la sexologue, mais elle a laissé des instructions et c’est « Non ! »
Alors elle l’interroge sur l’excision, « Bien sûr elle est contre ! » dit-il « sauf pour raison médicale ! Par exemple si le clitoris est trop gros … ! »
Hélas nous n’en saurons pas plus car la journaliste s’est contenté de cette réponse sans poser la question de la norme clitoridienne égyptienne …

Excision

4 décembre 2016 § Poster un commentaire

Dans un colloque récent un ami chercheur, grand connaisseur de l’Égypte (non auto proclamé comme certains …), faisait remarquer que ce sont le plus souvent les hommes qui parlent de l’excision dans ce genre de réunions savantes.
Généralisation non prouvée diront certains.
A un diner, l’autre soir, j’aborde le sujet devant une féministe patentée, elle a cette réponse étonnante que dans les associations de femmes ce sont des sujets très rarement abordés.
Et pour cause, ce sont les femmes dans les pays où l’excision est pratiquée qui conduisent leurs filles chez le « boucher » pour qu’elles puissent se marier !
Une fois de plus ces associations de quartier sont de vraies plaies, elles interdisent par leur dogmatisme et leur autisme intellectuel d’aborder des problèmes qui ne concernent pas leurs intérêts.
Si l’excision n’est pas un sujet normalement abordé en regard des dégâts monstrueux qu’elle fait, c’est peut-être parce qu’en anglais, la langue universelle des ONG il n’y a pas un mot spécifique mais seulement : « female circumcision » et la circoncision n’est pas considérée comme une mutilation, pour des raisons qu’on imagine …

Confirmation

10 octobre 2016 § Poster un commentaire

Il faut aller vite, être dans le temps.
Quand on fait un reportage, tout de suite il faut aller à l’essentiel. On sait ce qu’on veut dire, ce qu’on veut montrer alors on cherche celui ou celle ou ceux qui vont confirmer. On ne se déplace que pour montrer ce qu’on croit.
Par exemple, on part au Caire pour faire un reportage sur les jeunes révolutionnaires, on cherche des jeunes révolutionnaires, ou on les connait déjà et on va leur demander, avec des questions justes, ce qu’ils pensent de tel ou tel sujet. La réponse sera à la hauteur de ce qu’on attend et en rentrant le reportage sera bien reçu puisqu’il correspond à ce pourquoi on est parti. Brillant ! Confirmation ! C’est comme ça et je vous le montre ! Maktoub !
Il n’y a pas de réflexions puisque ce qui est dit est la confirmation de ce que tout le monde pense.
L’esprit critique ? Mais pourquoi ? Ce que je montre est objectif puisque je représente celui qui sait puisqu’il y était, et en plus je vous le montre.

Ce ainsi que l’incompréhension continue, s’instille dans tous les esprits.

Tiens

6 juin 2013 § Poster un commentaire

Danse sur le Nil …

29 janvier 2013 § Poster un commentaire

Pendant au moins deux heures l’hôtel Semiramis du Caire a été attaqué par des voyous sans que les autorités policières et autres ne fassent quoique ce soit, et ce sont les manifestants qui ont aidé le personnel de l’hôtel à essayer de les repousser !

Remerciements du Semiramis

Copie d'écran de la page Twitter de l'hôtel Semiramis au Caire dans la nuit du 28 au 29 janvier 2013

Copie d’écran de la page Twitter de l’hôtel Semiramis au Caire dans la nuit du 28 au 29 janvier 2013

Ces chaines qu’on a cru abattre …

28 janvier 2013 § Poster un commentaire

Le 26 janvier 2013 sera un des jours les plus importants que tous ceux qui formeront un jour la révolution égyptienne.

Verdict de Port-Saïd dans une échoppe d'Attaba le 26 janvier 2013 ©Arnaud du Boistesselin

Verdict de Port-Saïd dans une échoppe d’Attaba le 26 janvier 2013
©Arnaud du Boistesselin

Tout a commencé par le verdict de 21 condamnations à mort des supporters de Port-Saïd. J’étais dans la rue à ce moment-là vers Attaba, les petites télévisions des échoppes et des kiosques retransmettaient les images en direct de Port-Saïd. Chacun attendait un déferlement des supporters de Ahly qui avaient promis le chaos en cas de clémence. Les rideaux de fer étaient tous prêts à être refermés rapidement mais la vie cairote d’un samedi matin prenait doucement de l’amplitude.
D’un coup le rythme a changé, les gens se sont regroupés, « Boursaïd », « Boursaïd », « Boursaïd » était entendu partout. Pour la première fois j’ai vu des Égyptiens perdus, abattus pour certains sonnés, sans distinction d’appartenance, barbus, moustachus, hommes, femmes …
C’était impressionnant ! Puis quand les violences ont commencé à Port-Saïd ces sentiments se sont renforcés, ils venaient de comprendre …

Joyeux Noël

25 décembre 2012 § Poster un commentaire

Joyeux Noël

Petits Père-Noël en chocolat chez Groppi